Préparer sa vieillesse : comment y réfléchir ?

On vieillit comment on peut mais aussi comme on veut. Savoir jouer aux cartes peut même être utile. Observer les couleurs du jeu, miser les meilleurs atouts pour bien vieillir et gagner à tous les âges.

Prendre plaisir à vivre tous les âges.

Que penses-tu du terme « bien vieillir » ? Est-ce une façon très optimiste de parler du vieillissement ? Estimes-tu que, plus on anticipe, mieux on profitera de la vie ? On est nombreux à se demander comment préparer sa vieillesse et vivre le mieux longtemps possible.

Dans mon expérience associative auprès des retraités,  j’ai rencontré 4 façons de projeter ou de vivre son vieillissement.  La représentation qu’on s’en fait influence énormément la manière de le vivre. 

Le groupement Silver Alliance, spécialisé dans les produits et services pour l’avancée en âge, a commandé une étude à l’institut CSA en mars 2018.

  • 78% des plus de 50 ans considèrent que, au fond, on vieillit comme on peut.
  • 86% des personnes sondées estiment que plus on l’anticipe, mieux on en profitera.

Vieillir est comme jouer aux cartes. Il y a 4 couleurs dans le jeu et des atouts à miser.

Je t’entends presque…  « Jouer aux cartes ? Mais vieillir n’est pas un jeu et en plus, ce n’est pas très palpitant pour bien vieillir ! »  

Je me permets cette image pour te raconter les 4 représentations ou couleurs du vieillissement et présenter les atouts qui pourraient t’aider à anticiper et à affiner ta manière de « jouer » à vieillir bien vivant.

C’est parti.

Pour la retraite, sais-tu jouer aux cartes ?

1. Se lancer dans un combat ?

A nous deux, mon vieux !

La valeur du combat : se confronter c’est exister. 

C’est une carte que tu pourrais être tenté-e de jouer pour lutter contre la vieillesse et rester jeune, faire disparaître les effets de l’âge. Mais elle demande beaucoup de discipline, d’énergie, voire de privations. Le jeunisme valorisé dans la société répond à la peur de vieillir. Du coup, pour ne pas être, ou se sentir, déclassé-e, on obéit au diktat de la jeunesse. On devient dépendant du regard des autres qui influence le regard parfois très dur que l’on se porte, bien sûr. On peut s’épuiser et se dévaloriser si la performance recherchée n’est pas au rendez vous.

Comment tirer son épingle du jeu ?

En prenant contact avec soi même. On vieillit mieux si on arrive à aimer la personne que l’on va devenir avec les années. En écoutant ses besoins et ses envies en profondeur,  au delà de la surface et de l’apparence. En faisant confiance à ses désirs.

Arrêter la lutte pour une image dans le miroir social ne veut pas dire tomber dans l’oubli de soi-même. Bien au contraire. C’est se donner plus de plaisir et de motivations pour agir. Voici un autre article pour prendre de la distance sur l’apparence et donner plus de place à la présence.

2. Laisser venir sa vieillesse avec le joker fatalité ?

Au secours, je suis enfermé.

La valeur de la fatalité : ainsi soit-il, les jeux sont faits. 

C’est une carte que tu vas peut-être pousser, malgré toi. Si tu as vécu des difficultés qui t’ont déprimé-e, découragé-e, affaibli-e physiquement ou moralement : mise au placard professionnel, maladie, deuil, rupture, aidant de parents ou d’un conjoint. Alors, on devient fataliste et on se met à renoncer car à quoi bon ? Lâché-e par la vie, on laisse les événements moroses dicter nos choix. Un sentiment très difficile à endurer avec le risque « de balayer tes projets, vieillir bien avant l’âge, c’est écrit…  »  (Paroles de Francis Cabrel qui résonnent bien)

Comment damer le pion ?

Sortir ! De son enfermement et de chez soi. S’intéresser aux choses de la vie et aux autres. Petit à petit, à son rythme.  Car cet effort en vaut vraiment la chandelle. Prendre soin de soi au quotidien. Se faire du bien. Aller chez le coiffeur,  au cinéma, s’offrir un restau, rejoindre un groupe pour une activité collective …

Tout ce qui peut aider à se projeter dans un futur désirable ou du moins acceptable. Voici un article complémentaire pour cohabiter avec la solitude et retrouver le goût de l’aventure.

3. Abattre la couleur de l’indifférence ?

Qu’est ce qu’elle a ma pomme ?

La valeur de l’indifférence : soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien.

C’est une carte un peu bravache, que tu pourrais abattre par déni ou fuite en avant. Non, rien de rien, non tu n’as besoin de rien. Tout va bien, vieillir ne te préoccupe pas, tu n’y penses pas ! Rien à déclarer et rien à voir. Hyper occupé-e pour éviter l’angoisse de vieillir en n’arrêtant jamais et en passant finalement à côté d’une partie de plus en plus longue de sa propre vie. Par contre, l’atterrissage peut être très violent car sans préparation et sans amortisseur. 

Comment reprendre la main ?

Redevenir acteur de sa vie. Faire tourner son propre moteur et abandonner les activités bouche-trous routinières ou obligées.  Regarder les choses en face.  Oui, vieillir est inéluctable mais c’est aussi une opportunité pour se découvrir et s’accomplir.

4. Miser l’atout du renouveau ?

Se jouer des difficultés avec sérénité.

La valeur du renouveau : puiser une nouvelle vitalité.

C’est une carte maîtresse du bien vieillir, qui ouvre de nombreuses opportunités.  La couleur dominante est  l’adaptation aux changements liés à l’âge et à nos capacités.  Il ne s’agit continuer de vivre, autrement. La lucidité et l’expérience aident à surmonter ou contourner les difficultés.

Comment jouer carte sur table ?

Accepter sans s’affoler. Être réceptif et conscient que la vitalité n’est pas freinée et peut se renouveler. Vieillir est la seule façon de vivre longtemps. On peut négocier les pertes inévitables contre de nouveaux gains, de nouvelles découvertes, de nouveaux plaisirs. On choisit de vieillir bien vivant. 

Quand la partie a commencé.

Je suis passée par toutes les couleurs du jeu. Et cela n’a rien d’anormal. A certains moments, plutôt rares, je me suis sentie battante pour défendre ma jeunesse mais j’ai vite renoncé à lutter pour son apparence. Tant pis si mon esprit et mon physique n’étaient plus raccord.

Hyper active, je n’avais pas trop de temps pour y penser. Et c’est à ce moment-là, que je me suis cassé un genou. J’ai compris que je courais trop vite et qu’il me fallait me poser pour réfléchir où cela allait m’amener.

Tout de suite après, par contrecoup, j’ai été tentée par la soumission. Heureusement, pas longtemps, ce n’est pas mon tempérament.

Et aujourd’hui, j’arbore le plus souvent la couleur de la nouvelle vitalité. En équilibre, je ne penche pas dramatiquement vers une des 3 autres. Je ne cherche pas la perfection, si je vacille, je remise mon atout.

On vieillit comme on peut. On peut aussi bien vieillir comme on veut en anticipant. Apprendre à jouer aux cartes m’est plutôt bénéfique.

A bientôt !

Une ressource pour y réfléchir

Voici un document que tu peux télécharger afin de faire le point sur toi-même. Ce sont des pistes tirées de mes lectures pour évaluer la principale couleur de ton jeu. Ce n’est pas un test de profil psychologique qui fige une personnalité par une couleur mais un petit mémo pour évaluer la tendance. 3 questions qui peuvent éclairer ta réflexion :

De quelle façon conçois-tu ton vieillissement ? Que signifie vieillir pour toi ?

Quels sont tes émotions et ressentis à ce sujet et comment as-tu envie d’agir dès à présent pour bien vieillir ?

Est-ce que tu souhaites partager ton opinion dans les commentaires ?

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5 réponses

  1. Marsot dit :

    J’aime beaucoup ! C’est simple , attractif chaleureux et cela traite du sujet avec légèreté et profondeur. J’ai hâte d’en lire d’autres !

  2. Fritsch dit :

    Très bien écrit et inspirant! Cela donne envie d’écouter ces conseils et d’agir

  1. 7 mars 2020

    […] Je t’invite aussi à lire mon article sur les visions de l’avancée en âge. […]

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