Lien entre les générations : comment l’entretenir ?

Stop à la lutte des âges. Envie d’entretenir le pont ? Faire un pacte entre les générations et partager solides expériences et nouveaux éclairages.

Trouver une nouvelle place auprès des plus jeunes.

As-tu, un jour, observé que la lutte des âges remplaçait la lutte des classes ? As-tu parfois senti que le courant ne passait pas très bien avec tes enfants, devenus jeunes adultes ? Comment créer du lien entre les générations ? Et le maintenir.

La première prise de conscience se passe souvent au travail.  Quand un jeunot stagiaire n’a pas été capable de te tutoyer, tu as tilté que tu aurais pu être largement sa mère ou son père.  Ensuite, tu as été gentiment moqué-e pour ton incompétence en numérique, retoqué-e pour tes méthodes « tatillonnes et contraignantes »,  critiqué-e pour ta « prudence dans les décisions », ton « obsession de garder le contrôle et de ne pas vouloir partager le pouvoir » …blablabla. Et même ton fils, sans crier gare, t’a reproché d’imposer le mode de vie de la génération d’avant. Une petite pique.

Au fur et à mesure, la vitalité a pris une claque, de dynamique et enjoué-e,  tu es devenu-e un peu négatif-ve, beaucoup critique, progressivement aigri-e. Le pire, tu risquais de leur donner raison  (en devenant infréquentable et en sabotant ton objectif de bien vieillir).

Devenir ronchon n’aide pas à faire le pont entre les générations. Ce n’est ni souhaitable ni le moment d’abandonner son rôle. Au contraire, l’urgence est plutôt de dégonfler la confrontation et de conserver le lien. En restant soi-même, sans se laisser marcher sur les pieds non plus. 

A la lumière de cette situation, j’ai repensé mon contrat de génération. Compris les enjeux, repéré les impasses pour vivre de belles opportunités partagées.

Si tu vis cela, n’hésite pas à ajouter ton point de vue et tes idées pour optimiser le dispositif ! A plusieurs on est bien meilleurs !

On ouvre le dossier.

Balancer entre pacte et tensions.

En ayant de bonnes relations avec les jeunes, on participe au contrat de génération à notre façon.

Le pacte est indispensable afin que les générations en capacité soient prêtes à contribuer pour celles en moindre capacité – à condition, toutefois, d’un effort équilibré dans le temps.

La tension est nécessaire pour que les plus jeunes projettent leur avenir et puissent se construire à leur tour.

Les rencontres entre les classes d’âge peuvent aider les 2 parties à comprendre le parcours de la vie, accepter que le vieillissement est normal, se détacher du jeunisme et de la peur de vieillir.

Et voici les 4 arguments du contrat pour créer du lien entre les générations.

Paix entre les générations. Crédit photo Freepick.

1. Au placard, les pots de colle !

Se débarrasser de 2 croyances visqueuses.

  • La première : c’est moi qui ait tout bon. Eh bien, il n’y a pas de raison car nous ne sommes pas dans la même étape de vie ni de la même époque. Nos expériences et notre environnement de référence sont différents. En plus, comme la société évolue de plus en plus vite, la distance se creuse aussi. Nous ne pouvons donc pas évaluer ou pire juger quelqu’un à partir des critères de notre génération et interférer dans le vécu des autres âges. C’est valable dans les deux sens.
  • La seconde : ils sont comme-ci, ils sont comme-ça. Vois-tu, pas forcément. La société a tendance à étiqueter et à dresser des stéréotypes. Cependant, tout le monde ne s’appuie pas, et heureusement, sur des clichés dans sa relation aux autres. Comme ceux sur les plus jeunes : curieux, audacieux, arrogants, indisciplinés, impolis, et inactifs et ceux sur les plus âgés : expérimentés,  avisés, rigides, isolés, conservateurs, ralentis…. La jeunesse comme la vieillesse ne sont pas homogènes. Nous pouvons nous tromper et avons intérêt à découvrir la personne en face de nous, d’autant que les clichés changent de plus en plus rapidement.

Faire preuve d’écoute, nuancer son vocabulaire et avoir du tact dans la manière de parler sont des atouts pour dialoguer. Cela marche dans les 2 sens.

Elle le fait fondre !

2. Briser la glace par la transmission.

Les plus jeunes ont 3 attentes essentielles vis à vis de nous, selon une enquête toujours d’actualité du magazine Femme Majuscule en 2015 . 

  • Les guider sur les sujets de la vie quotidienne comme la santé, les choix professionnels, les enfants, le couple, la psychologie parce que, peu ou prou, nous avons vécu ou vivons des situations identiques. Je discute de ces sujets avec mes enfants, en veillant à ne pas leur donner de leçons et à écouter leurs opinions. Ils sont curieux d’entendre mon son de cloche parmi d’autres et de faire eux-mêmes le choix qui leur convient. Je leur demande ce qu’ils ont décidé et j’en prends acte sans critiquer ou juger parce que sinon ils se passeront de moi la prochaine fois. 
Générations qui rient éloignent les conflits. Crédit photo Nathan Anderson
  • Partager et transmettre le flambeau. Parfois les plus jeunes ont l’impression que nous faisons de la résistance et que nous voulons conserver notre pouvoir. C’est particulièrement vrai dans le monde du travail et politique où les rivalités ne se cachent pas. Assumer la responsabilité de proposer sa vision du monde la plus sincère et accueillante possible et de s’unir avec eux pour améliorer la vie. J’ai choisi de transmettre l’association que j’ai fondée à la génération d’avant. Cela me semble le sens de mon histoire. Plus j’avance, plus je me soucie de la trace que je laisse autour de moi. Tu peux tendre la main et passer le relais sans pour autant te sentir disparaître car tu trouves une finalité. Transmettre des connaissances et une expérience si on est sollicité (par exemple à mon fils qui a un projet associatif) et ne pas être offusqué quand on ne nous demande rien. Proposer son aide sans l’imposer. Être soi même. Montrer ses doutes et fragilités. Réévaluer son modèle en béton armé. 
  • Enfin, être pour eux une source d’inspiration, voire même d’admiration. S’identifier, se projeter, se rassurer à nos côtés et prendre leur place. A nous, par conséquent, de rester à la nôtre et d’être fier de notre avance et de notre épaisseur qui les enrichit. Car il est difficile de s’inspirer et d’admirer un clone, si proche de soi qu’on n’en voit pas bien la valeur.

3. Profiter de leurs éclairages.

Accepter d’apprendre plein de choses, en levant les réticences.

  • Être curieux des us et coutumes de la société actuelle, dans laquelle ils baignent, et visiter leurs rêves. C’est utile de comprendre les problèmes auxquels nos enfants et leurs copains sont confrontés mais aussi leurs sources de plaisir et de motivation si on veut proposer une aide. As-tu envie d’être à côté de la plaque et de rater quelque chose d’important ? Et pourquoi ne pas aussi s’évader dans leurs rêves ?
  • Se faire aider pour l’accès aux nouvelles technologies. Cela ne date pas d’aujourd’hui, le téléphone et l’automobile sont rentrés dans les familles par la jeune génération. Tu n’es pas seul-e si tu te sens particulièrement largué-e avec la téléphonie ( ces publicités incompréhensibles) et l’environnement digital. J’ai mis des mois à assimiler à quoi sert et où se trouve le cloud,  jusqu’au jour où j’ai simplement demandé à un Junior qui passait par là. En 3 phrases,  j’ai capté l’essentiel pour survivre. C’est amusant de transmettre des recettes de cuisine aux enfants contre le décryptage du mode d’emploi du thermomix… Pourquoi ne pas allier tradition et nouveauté ?

4. Prendre l’air du temps ensemble.

  • Pour finir, rester ancré dans l’époque et ne pas avoir besoin de faire jeune pour bien vieillir. En ce qui me concerne, côté tendances,  musique, et apparence.  Mon fils m’a fait connaitre de nouvelles musiques (le groupe Impératrice et Sébastien Tellier qui aurait commencé sa carrière dans le truc ringard qu’on appelle Eurovision).  Il m’a fait découvrir la série Mad Men alors que je fais une allergie à la prolifération des séries. Une histoire qui se déroule au coeur de ma génération, entre les années 60 et 70.  Si je remarque le look d’une junior, je lui demande d’où vient ce qu’elle porte. De plus en plus souvent, des achats d’occasion. Et oui ! le monde pourrait bien devenir plus durable grâce eux et je les en ai remercie.  J’aime beaucoup saisir les signaux envoyés par les plus branchés. Par exemple, je lis le magazine gratuit Stylist distribué à Paris. Honnêtement, je ne comprends pas tout ce que je lis – hier encore, « stalker quelqu’un sur face book » – si tu comprends, je suis preneuse – ni n’apprécie forcément les contenus trop perchés pour moi. Mais je suis contente d’avoir la possibilité de les connaitre et d’en discuter avec les jeunes à l’occasion. Ils ne me voient pas par le prisme de mon âge mais par celui de ma curiosité. 

Danser sur le pont.

Généraliser dans la vie individuelle les difficultés entre générations me semble exagéré. 

On n’est pas à l’abri d’une belle surprise. Merci à mes fils et à ma belle fille et à tous les autres que j’ai croisés. Il y a eu des épines dans certaines roses mais le meilleur est la senteur des roses. C’est particulièrement au moment où l’on se libère des responsabilités et des obligations d’efficacité que l’on peut abandonner les crispations et la réactivité.

Rester soi-même, solide et mobile à la fois. Concentré sur ce qui est important : établir un pont Bien Vivant pour créer du lien entre les générations. 

As-tu une expérience à partager ? Avec tes jeunes : es tu sur le pont ?  fais-tu le dos rond ou t’es-tu engagé dans la baston ? En attendant, à bientôt les bien vivants ! 

Pour aller à la rencontre des autres, j’attire ton attention sur cet article comment avoir de la présence ? 

Des ressources pour nous rapprocher.

Habiter ensemble, pourquoi pas ? Il existe plusieurs plateformes de collocation entre Jeune et Senior comme collocation 40 +   ou Ensemble2Générations.

Déjeuner ensemble, sympa et bonne idée ! Sur le site Paupiette, proposer de faire à manger à des jeunes au déjeuner  (à Paris et de plus en plus en région). Pas nécessairement besoin d’une plateforme numérique pour organiser cela près de chez soi d’ailleurs. C’est marrant, j’avais justement remarqué au travail que jeunes et vieux tendaient à faire bande à part et que les jeunes partaient déjeuner en groupe organisé à midi pétant…. bon, j’arrête ce n’est pas gentil. 

Accompagner les jeunes à trouver leur voie professionnelle et partager des compétences et de l’expérience avec des actifs en difficulté avec l’association EGEE

Comprendre le langage des jeunes et des ados dans cet abécédaire

Proposer ses services et ses talents contre rémunération à des personnes plus jeunes sur la plateforme les talents d’Alphonse

Découvrir le journal familial qui relie les générations : Familéo

Et partager un tee shirt personnalisé chez Mme ou Monsieur TShirt 

Crédit photo : Mme TeeShirt.

1 réponse

  1. 3 septembre 2019

    […] Un autre article du blog qui pourrait t’intéresser : comment créer du lien entre les générations ? […]

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