Le cerveau : l’activité physique le maintient fringant

Vivre dans le mental peut conduire à ignorer son corps ou à le réduire à un outil. Erreur stratégique ? Oui, les têtes trop pensantes (et les autres) ont tout intérêt à réconcilier cerveau et activité physique.

Bouger pour sa tête.

Wendy Suzuki, c’est tout moi. Tellement occupée dans ma tête que je peux oublier les bienfaits de l’activité physique. Je sais que j’ai un corps, d’ailleurs quelques douleurs me le rappellent régulièrement. Faire de l’exercice m’ennuie. Je me demande comment le sport peut-être quasi une addiction chez certains ! Si c’est ton cas, tu m’impressionnes. Chez toi, cerveau et activité physique sont dépendants. Cela ne risque pas de m’arriver.

Qu’est ce que j’y peux ? De tempérament cérébral,  j’investis beaucoup ma tête. Penser, réfléchir, observer, lire, apprendre sont des sources de plaisir et d’épanouissement et aussi parfois d’épuisement.  Je peux y passer des heures. Je ne pense pas, ne sens pas, ne calcule pas mon corps. Je bouge quand même mais de manière plutôt automatique. Malgré la flemme, parce qu’il le faut. De trop faibles motivations. Et pourtant, je sais bien que je devrais bouger plus. Pas suffisant pour avoir envie de réconcilier mon énergie cérébrale chouchou à l’activité physique, vécue comme disciplinaire…

Voici l’histoire de Wendy Suzuki. C’est peut être aussi ton histoire.

Wendy était un cerveau sur pattes, absorbée par ses recherches sur la mémoire, vissée à son travail et à son poste de Professeure en neurosciences. 10 kilos de trop, peu de vie sociale tant elle était passionnée. Jusqu’au jour où, elle se réveille, s’inscrit à un stage de rafting dont elle revient physiquement rétamée et bien décidée à changer.

Son livre « bouger ton cerveau », écrit grâce à cette expérience, explique comment cerveau et activité physique sont connectés.

Changement de perspective.

Cet article va te montrer les 6 effets puissants de l’activité physique sur le cerveau à court et à long terme, foi de Wendy Suzuki.

Wendy Suzuki

L’activité physique, l’assurance vie du cerveau.

Une précision pour commencer. Quelles sont les différences entre le sport et l’activité physique ?

Le sport : c’est une activité physique mais la réciproque n’est pas vraie. Discipline codifiée, elle se pratique en général dans une optique de performance contre soi-même ou contre les autres.

Fais-tu partie d’un club sportif ? Comme environ la moitié des 60/65 ans qui déclarent pratiquer un sport et 25% des personnes de plus de 75 ans.

L’activité physique : selon l’organisation mondiale de la santé,  pour les personnes âgées de 65 ans ou plus, elle englobe notamment les loisirs, les déplacements (par exemple la marche ou le vélo), les activités professionnelles, les tâches ménagères et de jardinage, les activités ludiques, les sports ou l’exercice planifié, dans le contexte quotidien, familial ou communautaire.  A chacun de combiner 3 paramètres.

  • Besoins corporels : force, assouplissement, endurance et équilibre
  • Intensité : faible, modérée, élevée
  • Durée : 45 minutes par jour pour intensité faible, 30 minutes pour intensité moyenne, 20 minutes pour intensité élevée

La règle de base est de le faire avec plaisir. Est-ce que tu te bouges ou te trouves-tu trop sédentaire ? Pour ma part, je bougeais surtout par devoir.

Tu connais la chanson, la sédentarité nuit gravement à la santé et, inversement, l’activité physique est un pilier de la prévention-santé.

Récemment, je me suis réinscrite à un cours de gym tous les lundis. J’ai préféré le faire avant que la médecine ne se charge de me rappeler à mon corps. J’ai choisi la gym douce, plus moelleuse et sans nœud au cerveau. Des mouvements simples, précis et lents. Dans mes capacités.

Jour de gym, jour de patate!

Comment l’activité physique transforme le cerveau ?

Revenons plutôt à l’histoire de Wendy Suzuki.  

Il faut la voir dans ses vidéos. Américaine, parlant un très bon français, elle est remplie d’énergie et de vivacité. L’exercice physique semble lui faire le plus grand bien et elle est très convaincante.

Durant son stage de rafting, elle réalise que ses capacités physiques sont plus que faibles et elle décide, après ses vacances, de s’inscrire à un club de sport.

Au fur et à mesure du temps qu’elle y consacre (et c’est dur pour elle), elle perd son seulement ses kilos mais elle observe qu’elle ressent plus d’énergie, qu’elle est de très bonne humeur et qu’elle réussit à écrire un dossier complexe d’une seule traite.

Un miracle dans son métier de neuroscientifique et le point de départ de nouvelles recherches pour comprendre ce qui se passe dans le cerveau.

Ni une ni deux, elle ajourne ses travaux sur la mémoire et s’éclairant de son expertise en neurosciences, elle met en lumière les effets puissants de l’activité physique sur le cerveau.

Ils sont non seulement immédiats (chaque petit pas compte).

Ils se consolident aussi à long terme (la route vaut vraiment la peine).

1. Les effets immédiats

  • Plus d’énergie et plus de performance. Le cerveau est oxygéné et reçoit un apport naturel de glucose et de micro nutriments (vitamines, acides aminés).
  • Plus de capacités de concentration et de réaction.  La créativité y trouve son compte : les idées deviennent plus claires et plus fluides. Les gestes gagnent en précision.
  • Le moral est dopé. Le taux de certains neurotransmetteurs, les molécules qui assurent la transmission des influx nerveux d’un neurone à l’autre s’élève.
    • La dopamine : impliquée dans l’humeur et le renforcement positif
    • La sérotonine : contributrice au sommeil et à l’humeur
    • La noradrénaline : régulatrice de l’attention, des émotions et du sommeil
  • Un ressenti de détente à la sortie.  Le taux de cortisol, hormone du stress, diminue. Pour de meilleures nuits aussi.

Alors que l’idée de bouger pourrait rendre certains de mauvaise humeur, il est au contraire prouvé que l’activité physique aide à se sortir de la morosité et apaiser les idées noires. Un effet qui se pérennise avec une pratique régulière.

L’activité physique est selon les spécialistes aussi efficace qu’un anti-dépresseur. En aidant à lutter contre le stress, elle détend, change les idées et permet d’éliminer les tensions physiques et mentales.

On sait bien que caser de l’activité physique est utile quand on a besoin d’avoir un mental au top et pour s’éviter le blues pendant quelques heures. 

Mais as-tu idée à quel point, elle est durablement bénéfique pour le cerveau ?

2. Les effets longue durée

Bouger régulièrement transforme et protège le cerveau.

  • Modification de son anatomie, de sa physiologie et de son fonctionnement. Ainsi, le nombre de neurones augmente dans l’hippocampe, siège de la mémoire. Il en est de même dans le cortex préfrontal, centre de l’attention et de la cognition (apprentissage, résolution de problèmes).  D’ailleurs, pratiquer des activités physiques variées et, si possible, dans la nature expose à de nouvelles stimulations plus captivantes, donc plus bénéfiques que le train-train quotidien.
  • Protection renforcée. Les 2 zones les plus susceptibles d’entrainer des troubles cognitifs et des maladies neurodégénératives sont comme étayées. Et si on est atteint par ces maladies, avoir musclé son cerveau contribuera à ralentir les troubles.

Le mouvement, c’est vital pour les neurones.

Une question peut traverser l’esprit.  Si on a négligé l’activité physique, est-ce que s’y mettre à l’âge de la retraite reste utile ?

Quand on est de nature canapé, il est assez facile de se donner une raison de ne rien changer. « A quoi bon ? »  Surtout si on a fait siennes les croyances que  : « à un certain âge le cerveau se fige et décline ».

Grosse erreur ! Wendy Suzuki complète les recherches scientifiques sur la plasticité du cerveau et conclut que l’expérience de l’activité physique est rudement efficace pour créer de nouvelles connections cérébrales.

Tu peux faire une chose pour chaque jour pour reconnecter ton cerveau à l’activité physique. Wendy te propose de te mettre en mouvement pendant le brossage des dents.  Durant 4 minutes,  face au miroir, incliner le buste lentement à droite puis à gauche tout en fléchissant le genou du même côté.

Elle ne te promet pas que l’hippocampe et le cortex en seront radicalement modifiés.Elle souhaite surtout frapper les esprits et ressentir dans le corps que bouger est aussi normal et bénéfique que de se brosser les dents.

Une manière sympathique et crédible de rendre bien vivantes ses préconisations. Qu’en penses-tu ?

Se brosser le cerveau

Des ressources pour se bouger.

Malheureusement le livre de Wendy Suzuki paru en 2016 est épuisé mais ses résultats sont plus que jamais d’actualité.

Voici la vidéo dune conférence Ted de Wendy Suzuki ( sous-titrée en français).

Cet article sur la prévention-santé rappelle les bienfaits de l’activité physique pour bien vieillir.

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