Vivre la solitude : maintenir la vitalité intérieure

La solitude vivifie, l’isolement tue a écrit l’abbé Joseph Roux au siècle dernier. Vraiment ? 4 idées dans son sens pour prendre aussi plaisir à sa propre compagnie.

Atténuer l’amertume et goûter les bienfaits de la solitude.

Aujourd’hui, 40% des Français déclarent se sentir seuls. Est-ce que tu les comprends ? Si, pour certains, la solitude est choisie, voire désirée, pour d’autres, elle est difficile à vivre et peut aussi avoir un effet négatif sur leur santé. Comment vivre la solitude ? Serait-ce la question du 21ème siècle ?

Toujours dans mon expérience associative, j’ai constaté la réticence ou la grande prudence des personnes exclues à participer aux activités de groupe.

La souffrance de l’isolement ne les engage pas à créer des relations avec les autres de peur de souffrir du rejet ou de l’abandon qu’elles endurent ou ont pu endurer.

De nature extravertie, je puise de l’énergie avec les autres. Je n’ai pas toujours su comment vivre ma solitude. Je profite de cette semaine où je suis seule à la maison pour vivre cette situation et me replonger dedans.

Retour d’expérience.

« La solitude vivifie, l’isolement tue ».

Joseph Roux né en 1834.

Ok, l’isolement relationnel, le manque durable de contacts, est dangereux pour la santé et accélère la perte d’identité et d’autonomie.

En revanche,  comment est-ce que la solitude peut vivifier, c’est à dire apporter de la vitalité et participer au bien vieillir ? Si c’est le cas, la solitude a bien sa place dans le blog vieillir bien vivant !

Souvent, le fléau de la solitude passe au niveau d’alerte quand on vieillit…

Il y des moments où on ne peux compter que sur soi-même. Qu’est ce que cela serait bien si ce Joseph Roux avait raison… Voyons voir.

Douce solitude.

1. Comment vivre la solitude et sa dynamique intérieure.

Le sentiment de solitude est par essence désagréable parce qu’il réveille la peur ancestrale du danger. Je cite le psychiatre Gérard Macqueron dans son livre ‘Psychologie de la solitude’. Il ajoute que

  • les dangers sont plus facilement évitables collectivement.
  • les rapports humains permettent de se définir et de se construire.
  • la capacité à être seul dépend aussi du sentiment de sécurité intérieure assimilé durant l’enfance.

Donc, quand on est bien équipé pour rester seul, la solitude peut être plus facilement choisie et appréciée.

Et à l’inverse, quand on est fragile, on ressent la solitude comme une souffrance avec tout son lot d’interprétations  (croyances et préjugés sur soi ou les autres) et d’attitudes inappropriées.

La solitude est finalement une expérience subjective. Tout le monde y est confronté. Et on ne nous apprend pas vraiment à nous en débrouiller. Les nombreuses stimulations et activités proposées aux enfants leur évitent d’en faire l’expérience alors que c’est le moment, dans le cadre familial rassurant.

Il y a une constante indispensable, reconnaitre qu’on se sent seul, l’accepter et ressentir si cela t’est agréable ou désagréable. Sans se juger, se critiquer. Rien de positif ou de négatif, seulement un ressenti.

2. La solitude, agréable parenthèse.

Quand on possède une bonne sécurité intérieure, en général, la solitude est agréable ou n’est pas déplaisante. On peut en profiter et rendre ces moments-là encore plus plaisants. Regardons le sujet sous cet angle.

  • D’abord, se réjouir d’avoir du temps à passer avec soi-même. Je te l’ai dit, il m’arrive de parler toute seule et tout haut. J’appelle ce moment-là, mon « podcast intime ». C’est comme un journal que je tiendrais mais qui ne laisse pas de traces ni pour moi ni pour les autres. C’est le moment pour assimiler les expériences de sa vie, prendre du recul et avec la distance ne pas se laisser envahir. On a tout son temps et parler tout seul ne nous fait pas passer pour ‘dérangé’ puisque que on est tout seul. Une fois qu’on s’est tout dit, on se sent plus libéré.
  • Prendre conscience aussi de profiter de liberté. Vivre avec les autres amène des contraintes, ne serait-ce qu’être à l’heure, remplir certaines taches attendues. Le philosophe Schopenhauer a écrit :

« On ne peut être vraiment soi qu’aussi longtemps qu’on est seul ; donc qui n’aime pas la solitude n’aime pas la liberté, car on n’est libre qu’étant seul. »

Schopenhauer

Tu en penses quoi ? Pour moi, il va un peu loin mais cela revalorise cette situation.

  • Après cela, prendre soin de soi. Faire le point sur ses besoins du moment et autant que possible les satisfaire dans la foulée. Cela peut être ne rien faire et rêver ou au contraire pratiquer quelque chose de manuel, d’artistique, d’intellectuel, de sportif, d’utilitaire, de divertissant. Pour ne pas être pris au dépourvu, on devrait répertorier au fur et à mesure ce que l’on peut faire et aime bien faire seul.
  • Sans oublier de sortir. Ce n’est pas parce qu’on est seul que l’on doit se cloîtrer. Ressentir l’énergie des autres recharge ses propres batteries. Faire une heure de gymnastique suédoise en musique, se mettre à une terrasse sur une place de marché, sans attente. On est heureux d’échanger quelques mots qui nous rappellent que nous ne sommes pas isolés justement. 
Solitude du solitaire.

3. La grande méchante solitude.

Il arrive de se sentir seul dans des situations très sociales. Des moments galères que j’ai appris à comprendre : ils me renvoient à la cour de récréation quand j’ai changé d’école, à 9 ans. J’avais perdu mes repères et je ne connaissais personne. Être extraverti ne signifie pas forcément posséder spontanément de l’aisance sociale. J’ai fait de très gros progrès avec les années mais je crois que ma solitude sociale reste  tapie au coin du bois.

Il y a d’autres solitudes.

La solitude émotionnelle provient d’un manque ou d’une perte affective. Elle peut être passagère ou devenir permanente. On désire avoir de l’affection pour quelqu’un sans y parvenir car on craint d’être rejeté ou abandonné ou alors une absence nous fait souffrir.

Enfin, la solitude intérieure : la plus profonde selon le psychiatre Gérard Macqueron. Elle se ressent quand on ne parvient pas à cohabiter avec soi-même.

Il n’existe pas LA solitude mais DES solitudes. Ces sentiments ne sont ni une faute ni une honte. Ce sont les symptômes d’un mal être à prendre au sérieux en parlant et en consultant au besoin. On peut aussi trouver des façons de s’adapter et je vais te raconter comment j’ai géré mes « poussées de solitude sociale ».

Souvenirs, souvenirs….

4. Pour que solitude ne rime pas avec habitude.

La solitude s’accompagne d’émotions, traduites aussitôt en pensées et en réactions.

Exemple de ma solitude sociale. Le souvenir de la cour de récré me fait ressentir de la tristesse, accompagnée de colère. J’interprète que je n’intéresse personne, que je vais déranger, que c’est injuste et que je n’y peux rien.  J’ai eu parfois tendance à régler le problème en évitant d’accepter de participer à des évènements où je ne connaissais personne. Ou bien, quand j’ai eu le courage d’y aller, j’ai pris la poudre d’escampette rapidement.  Grosse erreur. Inutile d’en vouloir à la terre entière.  Cela n’arrange pas la situation et ne permet pas d’avoir une attitude plus constructive et efficace. Ce n’est pas sans effort. Dans mon cas, j’ai appris à développer mon aisance sociale. Voilà mon cheminement.

Prendre du recul :

  • Cesser de penser que les autres n’ont pas de considération pour soi. Comment pourraient-ils en avoir tant qu’ils ne nous connaissent pas ?
  • Cesser de penser que l’on est insignifiant et invisible. Comment pourrait-on être vu si on cache et si on fuit ?
  • Admettre que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. Est-ce que tous les gens que l’on rencontre nous plaisent, d’abord ? Et si c’était le cas, est ce qu’on aurait le temps d’approfondir toutes ces relations ? Donc, c’est normal.

S’inspirer des autres :

  • Observer comment les autres engagent la conversation. Il y a des gens très talentueux. Cette compétence s’apprend et est essentielle pour rompre la solitude sociale. Le regard, le sourire et une parole sympathique sont des atouts. « Bonjour, êtes-vous un habitant, un voisin, un ami de …. ? » Ecouter la réponse et se présenter. Et puis naturellement, s’intéresser à l’autre, s’oublier et se concentrer sur la conversation. Privilégier les conversations agréables, amusantes, sans insister ou s’incruster. Et conclure en osant dire, si c’est le cas : « Cela me ferait plaisir de vous revoir et d’échanger un lien sur Face Book ou un numéro de téléphone ». Comment savoir si on en est capable tant qu’on n’a pas essayé ?

Agir différemment :

  • S’entrainer à s’affirmer, à demander, sans craindre le refus. Apprendre à faire des compliments sincères et à adresser des messages positifs aux autres. Gratuitement, sans engagement. Comment nouer des liens plus durables si on n’ose pas se faire confiance ?

Voir le bon côté des choses.

A travers les expériences de solitude, on peut

  • faire le point sur soi et appris à se connaitre.
  • prendre soin de soi en profitant de ce temps libre pour des choses importantes.
  • agir et j’ai sauter quelques barrières.
  • et surtout, donner aux autres une qualité d’écoute et d’ouverture, nourrie des moments de solitude. Avec la maturité, je n’y vois que des avantages.

Le passage à la retraite et la fin de l’activité professionnelle peut apporter un sentiment de solitude. Je t’invite aussi à faire le point. Comment vivre ta solitude, est-elle ton amie ? Comment trouves-tu l’équilibre entre la compagnie de toi-même et celle des autres ? N’hésite pas à ajouter ton expérience dans les commentaires.

A bientôt

Des ressources pour t’accompagner.

Pour ne pas rester seul,  2 contacts :  SOS Solitude  (téléphone 0890 07 71 01) ou l’association Astrée, 16 antennes en France.

Le livre :  Psychologie de la Solitude Gérard Macqueron.

Un ebook vendu par 50 ans et dans le vent : comment sortir de la solitude

N’hésite pas à utiliser les réseaux sociaux pour  rejoindre des groupes de discussion : apprendre à créer un compte Face Book par le site Grand Mercredi et voici le  groupe Quinquagénius +

Je te suggère aussi  On va sortir, le site des sorties entre amis et des rencontres amicales.

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2 réponses

  1. 19 septembre 2019

    […] Tout ce qui peut aider à se projeter dans un futur désirable ou du moins acceptable. Voici un article complémentaire pour cohabiter avec la solitude et retrouver le goût de l’aventure. […]

  2. 9 janvier 2020

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