Bien dans son corps : la vitalité de l’image de soi

Se sentir bien dans son corps : une femme se regarde dans un miroir

Le corps est pour la plupart d’entre nous le marqueur du vieillissement, associé à sa complice l’apparence. Toi et lui, plutôt raccord ou désaccord ? Au lieu de mettre trop d’énergie et de ton temps précieux à te déprécier, tu peux t’habituer à accepter et habiter ton corps pour être bien et plus à l’aise avec ton image.

Image corporelle, belle ou rebelle

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une bouée de sauvetage ventrale. Un peu comme Baloo. Forcément, le vieillissement n’arrange rien car, en dépit de mes efforts, j’ai tendance à prendre un peu plus de gras. Les hormones, il parait. Contrariée, je chante devant ma glace qu’il m’en faudrait moins (de gras) pour être heureuse et I can’t get no satisfaction !  Pas non plus une solution, plus on s’obsède sur quelque chose, moins on y accède. Un jour, je me suis dit que je ferais mieux d’explorer si et comment on peut être bien dans son corps et plus satisfait de son image.

C’est vrai. Voir les changements du corps, les rides, la calvitie, les cheveux gris, la prise de poids ne fait plaisir à personne normalement. Et les Miss, les acteurs et les top models, crois-tu qu’ils n’ont pas besoin de se rassurer sur leur image ?  Personnellement je pense que non, preuve en est, pour moi, l’actrice Carole Bouquet qui a déclaré de pas se trouver belle.

C’est encore pire si les imperfections deviennent des idées fixes auxquelles on accroche le regard des autres, forcément intraitable. Ok, il y a plus grave dans la vie. On a toujours la « beauté intérieure » en réserve. Désincarnée, ce n’est pas une consolation. Quel ennui.

Penser trop mal de son corps et de son image peut enclencher un cercle vicieux. Moche pour moche, inutile d’investir et d’en prendre soin. Si, en plus, on se persuade que les autres jugent et désapprouvent notre apparence, comment oser nouer des contacts ? Résultat : on se dévalue encore plus. On n’est pas au niveau. C’est dur.

Comment vois-tu les conséquences de l’âge dans ton miroir, es tu raccord avec ton reflet ?

Tu trouveras, dans cet article, quelques réflexions sur l’image corporelle. Je te raconterai aussi ma semaine sans miroir. 

Enfin, parce que l’expérience vaut tous les discours, tu pourras faire le point sur ton image dans un petit test et essayer 20 exercices pour être bien dans ton corps / ou renforcer /ou conforter ta relation avec lui.

1. Arrêt sur l’image

On a beau leur dire…

Les Français sont partagés : 50% sont satisfaits de leur corps, un peu moins chez les femmes. Les effets physiques du vieillissement peuvent accentuer l’insatisfaction, mais tout bien pesé, on a de la matière pour relativiser à tout âge.

  • L’image corporelle est subjective et ne cadre pas forcément avec celle que les autres ont de nous. S’évaluer (et être jaugé aussi) à partir de critères normés n’est pas rassurant car on devient remplaçable. Or, beaucoup de gens s’accrochent à ces critères. Alors qu’accueillir les imperfections, les traces de la vie avec sérénité (et pourquoi pas fierté ?) aide à mettre l’accent sur notre singularité, notre authenticité et la profondeur derrière la surface.
  • L’image corporelle reflète aussi les attitudes et les comportements  en plus des traits et des courbes. Ce qui la rend plus vibrante, plus vivante. Et donc, on a des ressources pour la faire évoluer.
  • Enfin, l’image provient des sensations et des émotions émanant de ce qui est montré et du regard porté. Une personne trouvée belle dégage ce quelque chose d’indéfinissable. On peut donner aux autres une image de soi sensible et unique qui les touche. En ce qui me concerne, on me dit souvent que je dégage une énergie contagieuse. Oublié mon complexe-grassouillette.

 «  Beau ou moche de naissance, il y a une justice,  les années remettent dans la plupart des cas les compteurs à zéro ».  C’est le propos d’une Dame âgée de mon entourage. Vas-tu dans son sens que les cartes peuvent être rebattues et que tout le monde a sa chance ?

Bon d’accord, accepter son vieillissement physique et être bien dans son corps n’est pas sans effort. Mais être obsédé par celui-ci, quand on vieillit, nous rend tristement vulnérable, dépendant au regard des autres et alimente notre insatisfaction. 

Bien des angoisses et un désir (vain ?) d’inverser le cours du temps poussent à lutter avec le corps vieillissant et souhaiter le transformer. Parfois, des pratiques plus ou moins radicales de rajeunissement tentent même d’en refaire un corps en « devenir », au contraire de son évolution naturelle. C’est comme lutter contre le courant…Même pour un bon nageur, épuisant.

Le botox est-il une solution de sauvetage ?

Se sentir bien dans son corps : une femme Senior reçoit une piqûre de botox

Le botox, de plus en plus populaire, n’est-il pas trop lisse ?

En figeant les muscles du visage, il réduit les rides puisque la peau ne peut plus se contracter.

Un chercheur de l’Université de Cardiff en Angleterre évoque de possibles autres effets.

  • Le botox étouffe l’expression du visage que ce soit par exemple la colère (froncer les sourcils) ou la joie (pattes d’oies).
  • Il  impacterait également les sentiments. Les sentiments se reflètent sur le visage mais les mouvements du visage déclencheraient aussi des sentiments. Conséquence,  les sentiments sombres comme joyeux se feraient plus rares, rendant la vie plus morne, avec moins de hauts et moins de bas. Quel dommage !
  • Pour finir, il pénaliserait les rencontres puisque nous nous lions aux autres en les imitant subtilement. Quelle tristesse !

Tu savais cela ?  Le botox ne va pas sauver tout le monde. Surtout que certains ne font pas appel à lui pour se sentir heureux de leur image. Je vais te dire comment. Ils font la planche.

De la vulnérabilité à la vitalité

Se sentir bien dans son corps : une femme Senior en maillot de bain

Les personnes satisfaites de leur image corporelle se laissent vivre en dégageant une énergie alimentée par leur désir d’exister pleinement. Elles ne sont pas pour autant des supposés canons de beauté. Elles détournent l’attention des imperfections figées, qui existent à leurs yeux, vers l’expressif, le spontané, le vivant.

D’ailleurs, n’est-ce pas le rôle du corps de laisser expérimenter que nous sommes vivants avant d’être un objet esthétique ?

Au lieu de creuser encore et encore les raisons d’une image négative, la chercheuse Tracy Tykla a mené une étude fondamentale pour comprendre comment certaines personnes ont une image corporelle positive. Voici les principales raisons :

  • Elles ne boudent surtout pas leur miroir et se concentrent sur ce qui leur plait dans leur reflet.
  • Elles apprécient leur corps pour tous les services rendus et en prennent bien soin.
  • Pour elles, la beauté repose sur une définition plus large que la plastique. Leur savoir être, leur enthousiasme, leur gentillesse, leur gaité… élargissent la définition.
  • Elles s’entourent de personnes qui ont aussi une image corporelle positive et celles-ci vont leur renvoyer un fort soutien social.  Important quand on sait que l’image que les femmes, dont les + 50 ans, ont de leur corps repose beaucoup sur l’idée qu’elles se font de l’opinion des autres.
  • Enfin, elles prennent leurs distances avec les images irréalistes en se gardant bien de voir un idéal.

Elles ont compris que si la plastique affole, la présence retient.

2. Une semaine sans miroir

Se sentir bien dans son corps : un miroir de salle de bain recouvert d'un sens interdit

Passons maintenant à la mise en pratique.

Kjerstin Gruys, une sociologue américaine, étudie la relation des gens avec leur physique. Etudiante, elle a vécu pendant une année entière sans miroir et a écrit un livre, non traduit en français, « Miroir, dégage du mur, comment j’ai appris à aimer mon corps en ne le regardant plus pendant un an »

Elle m’a donné envie d’essayer, seulement une semaine. Je ne suis pas déçue car l’expérience ouvre des perspectives.

J’ai plutôt bien réussi à me laver le visage et les dents à l’aveugle. Parce que je n’étais pas concentrée sur mon reflet, je me suis appliquée au toucher de mon visage et de mon corps en passant mes crèmes de soin. J’ai enfin pris mon temps pour tenter un automassage. C’était nouveau pour moi de ressentir mon image au lieu de la voir. Ce que je ressens ne colle pas forcément à ce que je vois. Si je me vois surtout complexée-grassouillette, je me suis sentie bien dans mon corps, relax et de très bonne humeur.

En revanche, j’ai eu plus de mal à me coiffer et le résultat a dû laisser à désirer. Ma chance, c’est que j’ai une coiffure par nature décoiffée. Alors un peu plus, un peu moins… Pour le maquillage, en tension avec le mascara et le crayon, j’ai laissé tomber. Et pourtant, si je sors sans, je suis toute nue. J’ai dû prendre sur moi.  Puis cela a fait tilt que les autres ne se préoccupent pas autant de moi, de mon mascara et de mon crayon que je ne le pense. Même mon mari. J’ai compris qu’il ne me considère pas à travers mon image. Et si je n’étais pour lui que mon apparence, c’est là que je me poserais des questions. Et c’est très libérateur !

J’ai compensé avec joie par les vêtements en composant mes tenues sur mon lit. J’ai trouvé cela plus amusant et créatif que d’habitude parce que je n’étais pas limitée dans mes choix par le complexe-grassouillette. Choisir sur cintres mes tenues a conforté la confiance que j’ai dans mes goûts. Je suis sortie sans m’être regardée pour vérifier ma silhouette. Juste un coup d’oeil vite fait, parfois dans la première vitrine.

Donc, petite expérience profitable. Sans miroir qui déforme et grossit le réel avec l’aide du mental, zoome les imperfections dans la tête et réveille les doutes, j’ai ressenti mon image. C’est très différent de la voir.

Si tu es essaies à ton tour, ne serait-ce qu’une seule journée, raconte-le dans les commentaires. J’aimerais bien avoir tes impressions.

3. Comment changer de regard sur son image corporelle

A toi de jouer

Bien sûr, ce test ne joue pas dans la cours des tests psychologiques des professionnels. C’est un point de départ pour réfléchir aux relations que l’on peut entretenir avec son corps.

Chaque image représente une vision, volontairement poussée, du corps. Car naturellement, il existe des visions plus nuancées. Choisis d’abord celle qui t’attire le plus et demande-toi ce qu’elle reflète pour toi puis ensuite celle qui te déplait le plus et exprime pourquoi. En cliquant sur les images, tu auras accès à plus d’explications. Les images représentent des femmes mais il est possible d’imaginer le pendant au masculin.

Se sentir bien dans son corps : une femme souriante se met de la crème sur le corps
Se sentir bien dans son corps : une femme triste dans un bain de mousse
Se sentir bien dans son corps : une femme très musclée en maillot de bain
Se sentir bien dans son corps : une femme fait un entrainement sportif

20 exercices pour une image corporelle plus sereine

Pendant plusieurs jours, autant que nécessaire, tu peux choisir un des exercices suivants pour réfléchir et vivre une expérience corporelle :

Te regarder vraiment

  1. Devant ton miroir, te concentrer sur ce qui te plait et reconnaitre et accepter ce qui te déplait ou que tu juges imparfait (ex : j’aime mes yeux et ok j’ai le menton saillant)
  2. Décrire de manière neutre quelque chose qui ne te plait pas (ex : au lieu de penser que j’ai une forme de tonneau, je préfère dire que j’ai une morphologie en O)
  3. Devant ton miroir, observer comment ton corps et ton visage s’animent en bougeant, marchant, riant, grimaçant. Apprécier ta manière singulière d’évoluer dans l’espace, exprimer ce que le mouvement te procure comme sensation, pensée.
  4. Apprécier ton corps pour ce qu’il fait pour toi et mettre des verbes dessus. Décrire pourquoi c’est important (ex : mon corps, malgré des douleurs et des raideurs, me permet toujours de me balader en forêt, c’est important pour me ressourcer)

Changer tes pensées

  1. Penser à des situations dans lesquelles tu te juges et exprimer ce jugement en terme de comportement et non en terme d’apparence (ex :  au lieu de me dire que je suis trop grosse, je me dis que je mange trop de pain et ainsi, je dissocie les actes, sur lesquels j’ai prise de mon apparence)
  2. Admettre que la beauté repose sur une définition plus large et réfléchir aux qualités qui, dans tes yeux, rendent les autres beaux (par ex : une personne qui le sens de l’humour est pour moi plus attirante qu’une personne canon ennuyeuse)
  3. Penser comment tes gestes de beauté peuvent contribuer à satisfaire des aspirations au-delà de la seule apparence (ex : pour participer à la démonstration de danse, c’est pour servir la démonstration que je me mets en valeur, pas pour mon apparence)
  4. Nommer 1 personne à laquelle tu peux t’identifier pour ses qualités et non pour sa plastique (par ex : j’aime beaucoup l’actrice Yolande Moreau qui reconnait n’avoir jamais été canon mais dont le corps de géante magnifie de nombreux rôles reconnus par plusieurs prix d’interprétation)
  5. Aller au musée et considérer la diversité des corps présentés dans les œuvres. T’arrêter sur des corps qui te semblent beaux sans être parfaits (ex : je suis touchée par les peintures de Egon Schiele. Je les trouve belles et pourtant son œuvre représente tellement de corps tordus, tronqués, amochés)
Se sentir bien dans son corps : peinture de Egon Schiele

Prendre soin de toi

  1. Profiter des changements corporels (kilos, petites douleurs, peau sèche, raideurs) pour être justement attentif et prendre soin de toi avec plus de douceur et de plaisir.
  2. Redécouvrir ton corps par le toucher et le ressentir de manière agréable et apaisante (par ex : te faire masser)
  3. Prendre soin de tes cheveux pour qu’ils accrochent la lumière : s’ils sont secs et ternes, ils éteignent le visage. Il existe par exemple un shampooing bain lumière chez Kérastase que j’utilise pour mes cheveux mêchés.
  4. Te faire un masque coup d’éclat pour avoir un teint plus radieux. Je ne dis pas que l’effet durera éternellement mais cela fait du bien de se voir plus éclatant.
  5. Maquiller léger ton regard pour communiquer, tes lèvres pour accentuer ton sourire et pour un teint lumineux, mon petit secret est la BB crème Incarose.

Te mettre en valeur

  1. Choisir des vêtements qui accentuent ta personnalité plutôt que satisfaire la mode ou disparaitre dedans (ex : à ma personnalité tonique, look pratique, coloré et créatif)
  2. Miser sur un accessoire, une touche personnelle qui te singularise et te booste quand tu en as besoin comme un grigri (ex : ma grosse broche soleil, babiole achetée il y a des années dans le métro, qui attire la bonne humeur et la sympathie)

Avoir confiance en toi

  1. Accepter un compliment sur ton apparence, en remerciant chaleureusement et en appréciant que le compliment te concerne toi et non la marque de tes vêtements, de ton programme minceur ou de ta crème de soin.
  2. Rééduquer ton regard avec l’aide de proches qui ont une relation apaisée avec l’image de leur corps. Leur demander de décrire comment ils te voient et les croire. Arrêter de te comparer à tes enfants ou à une photo de tes 20 ans. Si te comparer intérieurement à moins loti que toi peut t’aider à relativiser, n’hésite pas.
  3. Adopter la technique du contre-pied. T’efforcer de faire le contraire de ton schéma habituel en te fixant un objectif à ta portée (ex : je n’aime pas mes bras flasques, donc j’ose porter un tee shirt sans manches, d’abord chez moi et peut être plus tard à l’extérieur et petit à petit, je n’y pense plus !)

Je te laisse trouver la 20 ème façon de faire et la partager si tu le souhaites.

Bien dans son corps et son image : une broche dorée en forme de soleil

Conclure par un regard neuf sur soi

La relation des humains avec leur corps n’a pas fini de les occuper et de les préoccuper, à tous les âges d’ailleurs.

La société, dont nous faisons partie, superpose beauté et jeunesse. Pour s’adapter et compenser, certains vont s’investir dans leur santé et associer vieillir et bonne santé. On en parle moins, pourtant, il existe aussi une tyrannie de la bonne santé, de la prévention, du contrôle.  Le but est le même : renvoyer une image positive, performante et robuste. Quitter une tyrannie pour une autre, non merci !

Surtout que, avec les années, il est de plus en plus difficile de contrôler la mécanique corporelle. Elle s’use, elle tombe en panne, c’est inévitable.

Alors, pour me sentir de mieux en mieux dans mon corps,  je m’efforce de prendre mes distances avec les normes et les images standardisées. Ensuite, à la place de la jeunesse et en complément de pratiques essentielles de santé, je cultive ma vitalité. Je crois que, lorsqu’on vieillit, être vivant est plus plaisant et attirant pour soi et les autres.

N’hésite pas à partager ton avis en commentaire. A bientôt !

Pour continuer de réfléchir à ton reflet dans la glace et dans ta tête

Ces 2 articles complètent ce sujet, pour être bien dans son corps et à l’aise avec son image.

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